CatalogueTraitDUnion.pdf

Page
Aperçu texte
Ils sont domestiques, colporteurs dans les gares, déscolarisés
et vivant sous le joug d’adultes employeurs, orphelins et n’ayant
plus aucun secours, ou renvoyés de leurs familles parce qu’ils
seraient des enfants sorciers.. Ils sont victimes collatérales de
guerres civiles, réfugiés loin de leurs terres natales, forcés à la
mendicité dans nos villes et campagnes pour nourrir des adultes
irresponsables… Pour lui, chaque chaussure symbolise un de
ces enfants. Ces derniers trouveraient ainsi dans ses sculptures
une maison, un refuge figé dans le temps et l’espace, un endroit
où leurs diverses peines n’auraient guère de place mais plutôt
portées aux confins du monde.
Une manière de rappeler que sans « Trait d’Union » entre les
personnes d’une même famille, les peuples d’un même Etat et
les Etats d’un même continent voire du monde, ce sont des
générations entières qui seront sacrifiées. Déjà que les
différentes structures de la communauté humaine peinent
aujourd’hui à offrir une bonne éducation et une meilleure chance
de vie aux enfants de la rue de notre temps. « Mes œuvres ont,
dira-t-il, vocation à mettre en lumière la fragilité de l’enfance, et
la nécessité de leur prise en compte dans toutes les décisions
prises par les adultes. Car voyez-vous, elle fait face à divers
maux que les adultes, du haut de leur semblant de maturité
ignorent».
Exposé au Bénin, au Burkina-Faso, au Cameroun et bientôt pour
la première fois en Côte d’Ivoire, Achille Adonon est l’un des
artistes lauréats de la première édition de la Biennale de
Sculpture de Ouagadougou (BISO2019).
Œuvres Exposées